Contribution aux Assises de la Mobilité

Projet de la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur (LN-PCA)

Dans les années 1970, la SNCF se devait pour survivre, de développer son trafic au quotidien et de long parcours, avec un fret toujours florissant et des lignes anciennes de plus d’un siècle.

Quelques ingénieurs du Service de la Recherche de la SNCF se sont alors demandé si cette survie ne devait pas passer par un vrai saut de performance et ont imaginé que la technologie de l’époque devrait pouvoir permettre de pouvoir rouler à 250 Km/h voire plus. Après différentes études et essais cela s’est avéré possible. Mais cela nécessiterait de construire de nouvelles lignes qui permettraient de rouler plus vite, certes, mais en même temps permettraient de libérer des sillons sur les lignes anciennes afin de développer le transport au quotidien.

En Provence Alpes Côte d’Azur, une ligne nouvelle reliant Marseille à Nice n’a pu être construite pour différentes raisons, la ligne ancienne épousant un relief difficile ne permettant pas des vitesses au-delà de 140 Km/h voire 80 Km/h dans certaines zones n’a pas été sensiblement améliorée. Les modernisations faites ont permis tout de même de passer de 250 TER/jour en 2000 à 650 TER/jour en 2017 mais avec un fret quasiment nul. Cela est très insuffisant pour assurer le trafic prévisible si l’on veut effectivement réduire l’empreinte environnementale comme l’ont démontré les différentes études réalisées dans le cadre du projet de ligne nouvelle lancé depuis 2001.

De Marseille à Nice les besoins en transport ferroviaire sont importants pour plusieurs raisons mais pratiquement toutes dues à une augmentation du trafic routier et à ses catastrophiques inconvénients (pollution, embouteillages, accidents…). Il faut revenir à un transport propre comme le recommandent les COP 21, 22, 23, alors il devient donc indispensable de réaliser une deuxième infrastructure ferroviaire entre Marseille et Nice, la seule modernisation de la ligne existante n’étant pas une solution réaliste.

Les études et les concertations du public et des élus depuis 2005 sont arrivées à la conclusion que le projet de ligne LNPCA proposé et accepté par le Ministère des Transports en 2014 correspondait bien aux besoins actuels et futurs mêlant vitesse et amélioration des transports au quotidien. Notre Association créée en 2001 pour promouvoir ce dossier l’avait également approuvé tout en le trouvant trop restrictif et trop étalé dans le temps.

Un éventuel report qui serait effectué pour des raisons purement financières ne serait qu’une condamnation de notre région à ne plus se développer mais aussi obliger ses habitants à continuer de vivre avec une pollution qui dépasse déjà les seuils de tolérance.

D’ailleurs, Madame la Ministre en charge des Transports semble l’avoir très bien compris lors de sa visite aux Rencontres Nationales du Transport Public qui se sont déroulées à Marseille début octobre.

Notre Association souhaite que cela se traduise par des propositions gouvernementales intéressantes début 2018. Veuillez trouver ci-après nos propositions qui sont loin d’être démagogiques et qui répondent aux besoins minimums de la région. A noter que ces propositions sont issues de différentes réunions que nous avons soit animé soit simplement participé; elles sont partagées par beaucoup d’habitants et d’élus de la région, nous demandons donc que ces propositions soient retenues.

Les propositions de l’Association TGV Développement Var Nice Côte d’Azur

  • Réaliser une seconde infrastructure ferroviaire de Marseille à Nice pour :
    • Désaturer la ligne existante
    • Développer un véritable RER au sein des différentes agglomérations
    • Assurer la desserte jusqu’à Nice (et pas seulement Marseille) d’un nombre suffisant de TGV, compte tenu du rôle majeur joué par le tourisme dans la Région, mais aussi l’importance des déplacements des habitants
    • Désenclaver l’est de la Région PACA avec un gain de temps entre Marseille et Nice
    • Permettre un report modal de l’avion et la route vers le train, afin de diminuer la congestion et la pollution chronique
  • Ce projet est un grand projet nécessaire au développement des trains du quotidien
  • Compte tenu de l’ampleur du projet, une réalisation par phase est possible, mais le phasage doit tenir compte de l’enclavement ferroviaire des Alpes Maritimes :
    • 2 voies nouvelles de Marseille jusqu’à la vallée de l’Huveaune avec une gare souterraine sous la gare St Charles, puis une 4è voie dans cette vallée. Nous préconisons un raccordement de la Ligne Nouvelle au sud d’Aubagne pour accompagner la modernisation de la ligne classique au-delà
    • 1 à 2 voies nouvelles sur la ligne existante autour de la Métropole de Toulon (entre Ollioules et la Pauline)
    • la Ligne Nouvelle entre l’Est Var et les gares Nouvelle de Sophia Antipolis et Nice Aéroport, avec possibilité d’un passage par une nouvelle gare de Cannes la Bocca : l’option la plus consensuelle et fonctionnelle devra être rapidement choisie. La section entre l’Est Var et l’Ouest des Alpes Maritimes est décisive pour le désenclavement en permettant un gain de temps de 40 minutes pour un surcroit d’investissement modeste (au regard de tout autre projet de ligne TGV) : elle doit intégrer la 1ère Priorité
  • L’instruction d’une Déclaration d’Utilité Publique sur cette 1ere phase le plus rapidement possible pour permettre une mise en service avant 2030
  • S’agissant des lignes TGV existantes financées par la SNCF à la demande de l’Etat :
    • la SNCF serait incapable de faire rouler tous les trains nécessaires sur les lignes classiques même modernisées
    • Annoncer que 70% des lignes TGV seraient déficitaires pour SNCF Mobilités, ne tient pas compte des péages acquittés à SNCF Réseau sur les Lignes Nouvelles, qui couvrent bien au-delà de leur cout d’entretien (jusqu’à +1 Milliard€/an au bénéfice du reste du réseau ou du remboursement de la dette)
    • Le TGV reste attractif quand il fait gagner du temps, comme cela a été constaté à l’été 2017, par rapport à l’été 2016 avec l’ouverture des LGV vers Bordeaux et Rennes : +80% de voyageurs sur Bordeaux, +30% sur les villes intermédiaires et au-delà (Pays Basque), +30% à l’échelle de toute la façade Atlantique concernée par ce projet, supérieure aux prévisions de la SNCF
    • Nous attirons l’attention sur les très fortes perspectives de trafics prévus en Région PACA si une nouvelle infrastructure était construite (supérieure aux dernières LGV construite, et à tous les autres projets envisagés)

 

Le Conseil d’Administration de l’Association TGV et Développement Var Nice Côte d’Azur

 

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