Compte rendu de la réunion de synthèse de la concertation 2016 Nice le 19 décembre 2016

Pour SNCF Réseau, l’objectif était de résumer les problèmes soulevés et les attentes autour du projet de Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur, et voir avec le public si cette restitution était fidèle. L’échange avec le public assez bruyant et persifleur n’a toutefois pas détecter d’oublis dans cette synthèse, toutes les thématiques développées par le public ayant bien été présentées par la Sncf.

Cette concertation fut riche avec 1450 avis, 340 questions, 110 cartes T et 5 pétitions

Parmi les problèmes soulevés récapitulés par la sncf, on note l’impact sur le bâti, les pertes foncières, les bruits, vibrations et visibilité de la ligne. La phase travaux avec sa gestion des déblais et la circulation d’une noria de camions inquiète. Le risque inondation a régulièrement été soulevé ainsi que les impacts sur la ressource en eau et les nappes phréatiques. Le coût du projet, lié à l’endettement de Sncf Réseau et une hausse de la fiscalité est mis en cause. Les « alternatives » de priorité au réseau existant, poursuite de la 3e voie, voitures électriques autonomes, transports en commun non ferroviaires sont mentionnés par les opposants.

Face à ces perceptions négatives du projet, les attentes positives sont rappelées : améliorer la mobilité et être une alternative à la voiture individuelle, pour améliorer la qualité de l’air et diminuer le temps perdu dans les transports congestionnés. L’amélioration des temps de parcours ferroviaire et la connexion de la Côte d’Azur au réseau Grande Vitesse reste un enjeu. Pour beaucoup, la Région doit rattraper son retard et ce projet est une opportunité historique à ne pas manquer. Il contribuera à l’intermodalité. Un fort intérêt est porté aux gares de Nice Aéroport pour desservir la plaine du Var et de Sophia, au nord de l’autoroute demandée par le monde économique et les salariés pour éviter l’asphyxie de la technopole, contribuer à sa pérennité, à son attractivité, soit « un second souffle ». De même pour la desserte du pôle cannois, la structuration urbaine du quartier de la Boca et son accessibilité vers les pôles régionaux, nationaux et européens.

Sncf Réseau a également développé les sujets pour chaque secteur, Nice Aéroport-Nice Ville (capacité des 2 voies et demande d’une gare plus au nord, l’inondabilité du site selon certains), St laurent du Var (remise en cause du passage obligatoire en aérien sur le fleuve, crainte pour la gare, compréhension du fonctionnement urbain futur), St Laurent-Villeneuve Loubet, Biot (bruit, expropriations, remise en cause des estimations Sncf), Valbonne (variante Bouillides demandée par la mairie, puis récusée et impactant gravement haut Sartoux Garbejaire, sans correctement desservir les entreprises, variantes Fugueiret et Breguieres), Sophia (et la crainte d’une surcharge du trafic routier), connexion à Cannes- Grasse, et la variante de gare tgv à la Boca (ses difficiles conditions d’accès, son incidence sur l’environnement des tracés d’accès, l’insertion délicate sur le site de Cannes Marchandises, le maintien des fonctionnalités ferroviaires, le retard sur le calendrier du projet)

Dès les premières interventions, David LISNARD, Maire de Cannes, se considérant soutenu par les élus de Cannes-Grasse et les Agglos a rappelé son souhait que les études sur Cannes la Boca Tgv soient approfondies, au même titre que les autres hypothèses. Un représentant de « Cannes Ecologie Région Verte » est intervenu dans le même sens.

La plupart des interventions sont venues d’opposants, sans rien apporter de nouveau à l’exposé de la Sncf. Ces mêmes opposants ayant quasiment monopolisés la parole et le micro… se plaignent de ne pas l’avoir. Certains se plaignent que la Sncf ne propose que des solutions… ferroviaires !

Les habitants des Bouillides se sont faits entendre par des sifflets et assurés leur visibilité par des tea-shirt « anti-Bouillides » (l’adjointe au Maire ayant fait introduire le tracé des Bouillides le portait également, symbole de cohérence… tout en trouvant « effarant » le discours de l’Association TGV Développement). La menace d’un nouveau NDDL est pointé si ce tracé n’est pas définitivement écarté.

Un représentant d’une association bleu blanc Biot, appendice non avoué du Front National s’est fait remarquer.

On note toutefois des interventions plus favorables. Ainsi, le représentant des riverains de la gare de St Laurent du Var, rappelant les exigences constructives, de souterrain le plus loin possible, en jouant sur la hauteur et pente du viaduc sur le Var, ne pas extraire tous les déblais par ce quartier déjà soumis à de multiples nuisances. La Ligne Nouvelle peut être des nuisances en moins pour la commune en réduisant les emprises et la pollution routière, en la combinant avec un tram pour le nord de la commune à prolonger vers Cagnes puis Vence, puisqu’au sud 8 ter/heure constitueront ont un quasi-tram.

L’Association Tgv Développement, dont le représentant obnubile certains opposants a pu rappeler le soutien au projet, la boucle ter, la gare de Sophia au Fugueiret, et une ligne complète le plus rapidement possible, et déjà de Nice à Est Var dès la priorité 1, sans y sacrifier la desserte Ter par utilisation de la ligne existante. Lutter contre la pollution devrait être primordial.

Un élu d’opposition de Mougins a plaidé pour la gare de Sophia en se demandant comment chacun avait pu supporter toutes ces voitures depuis des années, et souhaitant que tous les opposants avançant des alternatives… soient aussi nombreux à les défendre le jour venu (ce dont on peut douter quand on constate le vide relatif des réunions sur le bus tram Antibes-Sophia)

Les Amis du Rail Azuréen ont rappelé leur avis favorable au projet, la capacité du ferroviaire à apporter des réponses aux trajets courte, moyenne et longue distance, l’opportunité de desservir Sophia et aussi raccourcir les trajets Marseille-Nice. Son représentant a demandé la Priorité 2 avant 2050, avant qu’il n’ait 90 ans !

Le représentant des entreprises du BTP a apporté le soutien des 24 000 salariés de son secteur qui ont voté massivement, rappelé qu’ils font nos routes et nos aménagements. Les Alpes Maritimes perdent des emplois à cause des problèmes de déplacements et des 1 à 2 heures quotidiennes passées dans les bouchons.

La représentante du Département a souhaité une concertation plus appuyée pour aboutir, et rappelé que 170 000 mètres carrés étaient prévus de s’urbaniser dans Sophia d’ici 2030, et que ça n’est donc pas la ligne nouvelle qui devrait inquiéter.

Le Vice-Président aux Transports de la Région, Philippe TABAROT a rappelé la nécessité de la ligne, qui ne défigurera pas la Côte d’Azur (car « d’autres l’ont fait avant nous ») : on ne peut plus continuer avec des Ter en retard, un réseau peu robuste, et la ligne existante ne suffira pas. Moment de tension également, quand un opposant invectivant Mr TABAROT s’en est approché, avant que la sécurité et le Directeur du projet Jean Michel Cherrier ne s’interposent.

La réunion s’est terminée peu après ces moments de tension.

La SNCF a présenté les suites : un bilan de la concertation en janvier 2017, ainsi qu’un rapport du garant à la CNDP, un COPIL où la Sncf présentera des propositions aux financeurs. Ensuite un dossier ministériel sera rédigé permettant au Gouvernement de valider les suites du projet.

Rémi QUINTON
Membre du CA de l’Association TGV Développement

Compte rendu de la réunion de synthèse de la concertation 2016 Nice le 19 décembre 2016

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