Communiqué du 14 avril 2016, LN PCA : un coup d’accélérateur est nécessaire

Notre association défend depuis près de 15 ans l’indispensable réalisation d’une nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse entre Marseille et Nice puis l’Italie afin de pouvoir développer le service des TER autour et entre les principaux pôles régionaux (Marseille, Toulon, Saint Raphaël, Cannes, Nice), tout en désenclavant l’Est-Var et les Alpes Maritimes et en inscrivant la région Provence Alpes Côte d’Azur au sein d’un Arc Méditerranéen attractif entre l’Espagne et l’Italie.

Nous sommes satisfaits des décisions prises par le COPIL du 12 avril 2016 mais déçus par le calendrier proposé qu’il aurait fallu accélérer.

Une Priorité 1 dès 2025, débloquant Marseille, incluant le Var et désenclavant les Alpes Maritimes

Actuellement le calendrier retient une Priorité 1 minimaliste à réaliser avant 2030 (Désaturation des nœuds marseillais et niçois sans amélioration du temps de parcours entre Marseille et Nice et sans aucuns travaux dans le Var)

L’Association s’alarme que les échéances ne cessent de reculer ! En 2005, lors du débat public les nouvelles infrastructures devaient être mises en service en 2020. Puis en 2011, l’année 2023 fut annoncée pour la réalisation du projet, et aujourd’hui 2023 ne serait que l’année du début des travaux d’un projet réduit. L’année dernière, la DUP était annoncée en 2017, et on parle maintenant de fin 2019.

Pour nous il n’est pas envisageable d’attendre 2030 ou 2050 pour réagir à la pollution due au système routier et à ses embouteillages qui s’accentuent d’année en année. Tout doit être fait pour offrir une alternative de transport pour les habitants et les visiteurs de la Région PACA avant 2025 et la 1ère phase du projet doit aussi inclure le désenclavement des Alpes Maritimes en construisant également la courte section de LGV (d’un coût modeste, +20%) reliant ce département à l’est du Var (gain de 40 minutes).

Le transport ferroviaire en PACA : un retard inacceptable !

En dépit des efforts de la Région, la population entre Marseille et Nice dispose du plus petit linéaire de voie ferrée par habitant de France, alors que sa configuration géographique est favorable à une desserte ferroviaire en concentrant 80% des habitants sur une bande de 25 à 40 km le long du littoral, avec 3 des 10 plus grandes agglomérations françaises.

Il faut toujours près de 6h pour rejoindre Paris depuis l’Est de la région, plus de 4h pour Lyon, 8h pour Bordeaux. La région est asphyxiée par la congestion routière et souffre d’un déficit de transports en commun. Tout cela a des conséquences sur la santé et le confort des habitants : 600 000 personnes sont exposées à des niveaux de pollution de l’air supérieurs aux valeurs limites réglementaires. Les automobilistes perdent des dizaines de journées chaque année dans les bouchons et l’accidentologie est élevée. Tout ceci représente des milliards d’euros de pertes économiques et sociales chaque année.

Basculer sur le train le maximum de voyageurs et marchandises est la solution incontournable : une nouvelle ligne ferroviaire est alors indispensable pour faire circuler tous les trains nécessaires à cet objectif (trains rapides longues distances desservant les principales gares (TGV), trains de desserte locale (TER), trains de fret), car l’unique ligne existante du 19è siècle n’aura jamais la capacité et les performances à la hauteur des enjeux. Grâce la Ligne Nouvelle, les trains du quotidien sur la ligne existante pourront être multipliés par 4.

C’est environ 60 TGV par jour et par sens qui pourront circuler sur la Ligne Nouvelle, ce qui en fait le projet de France au trafic le plus élevé : il y a donc urgence à le réaliser et le prioriser (Pour comparaison : moins de 35 TGV circuleront sur la LGV entre Tours et Bordeaux)

Qui va payer ?

En réalité, c’est si rien n’est fait que cela coutera cher ! En pollution, perte de temps, accidentologie… Or l’argent existe pour financer une telle infrastructure, ainsi que l’a bien montré le colloque sur les financements le 31 mars 2016 à Toulouse (prêts de très long terme, fond de la BEI, CDC…). Mais cela suppose une Ingénierie du projet parfaitement maîtrisée et un soutien politique sans faille, en particulier de l’Etat, comme cela est le cas pour le Grand Paris.

Dialoguons, concertons, mais agissons 

Concernant la gare de Sophia Antipolis, l’Association appelle les maires de Mougins, Valbonne et Antibes à cesser les querelles de clochers en se mettant d’accord sur un emplacement de bon sens, au cœur du bassin de vie et d’emplois de la technopole, facilement accessible et connecté aux transports en commun, sans besoin de créer de nouveaux échangeurs autoroutiers.

La desserte de Toulon peut et doit être retravaillée par la ligne existante : la Ligne Nouvelle coûtera beaucoup moins cher à construire, et dans des délais bien plus rapides, si elle évite le coûteux et inutile détour par Toulon qui resterait identiquement desservi.

Une nouvelle concertation est mise en place à partir du 21 avril 2016 pour préparer la DUP. L’Association appelle les habitants, usagers du train, défenseurs de l’environnement à investir massivement ces espaces de dialogue, pour faire entendre leurs voix, leurs besoins, leurs ras le bol des mauvaises conditions de transport et de la pollution dans la Région, face aux quelques éternels opposants conservateurs qui ne manqueront pas d’être présents souvent bruyamment.

Ce projet de Ligne Nouvelle doit être le projet de tous les habitants de la Région qui doivent prendre conscience des graves difficultés qui s’accentueront si rien n’était fait.

 

Alain PATOUILLARD Président de l’Association TGV Développement Var Nice Côte d’Azur

Communiqué 14 Avril 2016 COPIL – RQ – AP

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